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Banques centrales : l’impossible retour en arrière ?

La Fed a confirmé l’assouplissement de sa politique monétaire en procédant à une deuxième baisse de 25 points de base du taux des fonds fédéraux après celle observée en juillet. Cette décision était attendue mais elle a laissé apparaître d’importantes divergences parmi les gouverneurs de la Fed (voir notre Focus). Par conséquent, J. Powell, le président de la Fed, a usé d’une très grande prudence pour justifier cette décision. Au Japon, en Angleterre et en Suisse, les banquiers centraux ont choisi de conserver leurs taux inchangés pour l’instant, n’accentuant pas leur biais déjà très accommodant dans un environnement empreint d’incertitude.

Le contexte économique demeure morose. La production industrielle continue de s’essouffler en Europe et en Chine, une très légère amélioration est toutefois à noter aux Etats-Unis. Sur le plan politique, au‑delà des soubresauts récurrents liés aux tensions commerciales sino-américaines et au Brexit, s’est ajoutée une escalade des tensions au Moyen-Orient illustrée par des attaques sur les installations pétrolières saoudiennes. Le prix du pétrole a fortement réagi en début de semaine, avant de se stabiliser dans la perspective d’un retour à la normale rapide de la production d’Aramco. Cet épisode a toutefois fait ressurgir les craintes liées à un choc pétrolier et, par conséquent, à une remontée brutale de l’inflation.

Les investisseurs n’ont pas été enthousiasmés par les annonces des Banques centrales, ce qui n’est pas pour étonner puisqu’ils ont appelé à des politiques plus accommodantes ces dernières semaines. Même la décision de la Fed, jugée probablement trop timide, a été accueillie avec une pointe de déception. Les tensions apparues sur le marché monétaire outre-Atlantique ont nécessité d’importantes injections de liquidités de la part de la Réserve fédérale. Elles ont surtout remis au premier plan le spectre d’une impossibilité de la normalisation des politiques monétaires et la perspective de taux d’intérêt durablement très bas.

 

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