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Une inflation américaine énigmatique

Alors que l’économie américaine est quasiment au plein emploi, l’évolution de l’inflation outre-Atlantique continue à surprendre. En juin, elle n’atteint que 1,6 % sur un an, semblant récemment s’éloigner par le bas de la cible de la banque centrale (2 %).
Certes, ce mouvement tient pour partie au ralentissement des prix de l’énergie. Mais hors éléments volatils, l’inflation reste faible et sensiblement inférieure à 2 % l’an. Fondamentalement, cela s’explique par l’absence d’accélération des salaires, un phénomène qui tient sans doute en partie à des évolutions structurelles du marché du travail.
Pourtant, cette semaine, Janet Yellen a réaffirmé que la faiblesse de l’inflation était transitoire. Elle considère que cela n’entravera pas la volonté de la Fed de normaliser sa politique monétaire. Mais comme elle n’a précisé ni le calendrier de la hausse du taux directeur ni celui relatif à la diminution de la taille du bilan, les investisseurs ont voulu y voir le signe que la politique monétaire américaine pourrait finalement être plus accommodante qu’attendu. D’où une baisse des rendements obligataires de part et d’autre de l’Atlantique, alors que ces derniers avaient été poussés à la hausse depuis fin juin par les propos de Mario Draghi qui laissaient attendre un début de réduction des achats d’actifs de la BCE dans les prochains mois.

On retiendra aussi cette semaine des signes concordants indiquant que la croissance économique reste soutenue dans la zone euro, sous l’effet d’une dynamique interne bien enclenchée et d’exportations tirées par le raffermissement du commerce mondial. Cela constitue un soutien pour les Bourses d’Europe continentale qui ont bien rebondi cette semaine, portées aussi il est vrai par ce sentiment que le resserrement monétaire outre-Atlantique pourrait être plus lent que prévu. Bien qu’ils soient à des plus hauts historiques, les indices américains ont ainsi encore augmenté.
Par ailleurs, les indicateurs économiques chinois (exportations, production industrielle, ventes au détail, investissement) ont plutôt surpris positivement. La hausse du PIB ressort à 6,9 % sur un an au 2ème trimestre, ce qui indique une accélération de la croissance d’un trimestre sur l’autre. Un ralentissement reste néanmoins probable au second semestre suite au resserrement du crédit.
A l’inverse, au Japon, les commandes de machines montrent une faiblesse paradoxale au regard des enquêtes de conjoncture.

Enfin, le prix du pétrole repart à la hausse et se rapproche de la barre de 50$, les stocks américains semblant amorcer un repli.

 

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