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La Fed relève son taux directeur mais ne semble pas vouloir accélérer la remontée

Comme elle le laissait clairement entendre ces dernières semaines, la Réserve fédérale a relevé de 25 points de base cette semaine la fourchette visée pour son taux directeur, à 0,75-1 %.
La banque centrale a donc agi plus tôt qu’on ne l’attendait il n’y a pas si longtemps. Pour autant, ni son communiqué, ni ses projections économiques actualisées, ni ses propres prévisions pour la trajectoire future de son taux directeur ne montrent de volonté d’accélérer les choses. Le gradualisme reste donc de rigueur pour l’instant alors qu’une partie des investisseurs redoutaient une posture plus agressive de la Fed. D’où un repli des taux des emprunts d’Etat après leur forte poussée de la semaine d’avant.
La « bonhommie » de la banque centrale a par ailleurs un peu affaibli le dollar et contribué aussi à soutenir les places boursières. Celles-ci sont reparties de l’avant en Europe, où elles ont en outre salué l’issue du scrutin législatif aux Pays–Bas : le parti antieuropéen de Geert Wilders a progressé en nombre de sièges mais il reste significativement devancé par le parti libéral-démocrate qui dirige actuellement la coalition gouvernementale.

Du côté de la conjoncture américaine, le redressement de la production manufacturière se confirme en février et la consommation des ménages semble assez bien résister à l’accélération progressive de l’inflation. Celle-ci reste due avant tout au renchérissement de l’énergie, ce qui pourrait bientôt s’interrompre si le prix du pétrole ne retrouvait pas une tendance haussière. Ce n’est pas le cas cette semaine, le prix du baril n’affichant qu’un ressaut modeste après son décrochage récent.
Dans la zone euro, l’emploi a encore bien progressé au 4ème trimestre
et la production industrielle reste ascendante en janvier.
En Chine, où l’activité a été plutôt dynamique en janvier-février, les autorités ont détaillé leur politique économique pour cette année et les objectifs quantitatifs qui l’accompagnent. La ligne ne change pas. Elle consiste toujours à chercher un équilibre entre des objectifs malaisés à concilier dans le court terme : une croissance élevée ; des réformes qui passent notamment par des restructurations donc des suppressions d’emplois ; le contrôle puis la réduction des risques financiers, dont la dette excessive des entreprises. Signe que ce dernier objectif gagne en poids pour les autorités, la banque centrale resserre graduellement sa politique monétaire.

De façon générale, face aux risques financiers accumulés, les autorités s’en tiennent plutôt à l’adage « chi va piano va sano ». Il reste à voir si cela suffira pour aller « lontano »…

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