L’activité suspendue à la durée du conflit au Moyen-Orient

  • Etudes économiques

Plus de deux mois après le début du conflit au Moyen‑Orient, la visibilité demeure limitée quant à son évolution. Le cessez‑le‑feu instauré début avril apparaît fragile, notamment à la suite d’attaques de drones visant des infrastructures pétrolières aux Émirats arabes unis, et la navigation dans le détroit d’Ormuz reste fortement perturbée

  • Plus de deux mois après le début du conflit au Moyen‑Orient, la visibilité demeure limitée quant à son évolution. Le cessez‑le‑feu instauré début avril apparaît fragile, notamment à la suite d’attaques de drones visant des infrastructures pétrolières aux Émirats arabes unis, et la navigation dans le détroit d’Ormuz reste fortement perturbée. Début mai, les investisseurs ont néanmoins réagi favorablement à la perspective d’un accord entre les États‑Unis et l’Iran. Les cours du pétrole demeurent toutefois élevés, dans la mesure où des perturbations pourraient persister au‑delà d’une éventuelle désescalade (modalités de navigation dans le détroit, rétablissement de l’offre de pétrole).
  • Le maintien des prix de l’énergie à un niveau élevé commence à se diffuser à l’ensemble de l’économie. L’inflation a poursuivi sa remontée en avril dans les principales économies, atteignant notamment 3,0 % en zone euro, sous l’effet direct du prix des carburants. D’autres signaux émergent en parallèle : les entreprises font état d’un renforcement des contraintes d’approvisionnement et de tensions sur les prix de certaines matières premières (PVC, polymères, aluminium, nickel, engrais), dont les chaînes de production ou de transport sont exposées au Moyen‑Orient.
  • Face à cet environnement incertain, les banques centrales se sont à nouveau données du temps fin avril. La Réserve fédérale américaine, la Banque d’Angleterre, la Banque du Japon et la BCE ont toutes maintenu leurs taux directeurs inchangés. Les communications ont néanmoins évolué. La BCE a notamment indiqué que la situation « s’éloignait de son scénario central », ouvrant la voie à un possible relèvement des taux dès juin, scénario intégré par les investisseurs. Au sein des économies émergentes, les décisions apparaissent plus hétérogènes : les taux ont été maintenus inchangés en Inde, en Turquie et en Afrique du Sud, tandis qu’ils ont été abaissés en Russie et au Brésil, en réponse au risque de ralentissement. Certaines de ces économies sont en effet très dépendantes des approvisionnements depuis le Moyen-Orient, à commencer par l’Inde et la Turquie.
  • Enfin, les premières estimations de croissance au premier trimestre reflètent une situation hétérogène des économies avant le plein effet du conflit. L’économie américaine s’est montrée résiliente (0,5 % de croissance sur le trimestre, soit 2 % annualisé), soit proche de son potentiel. L’activité a même accéléré en Chine en début d’année. À l’inverse, la croissance a nettement ralenti en zone euro à 0,1 % sur le trimestre.
  • En France, l’activité a marqué le pas au premier trimestre, à 0,0 % en rythme trimestriel, pénalisée par une demande intérieure atone. La consommation des ménages et l’investissement se sont légèrement repliés. L’activité devrait rester dégradée au deuxième trimestre sous l’effet du renchérissement des coûts énergétiques. Son évolution au second semestre dépendra étroitement de l’issue du conflit. Dans ce contexte, l’objectif de croissance de 0,9 % fixé par le gouvernement apparaît déjà difficile à atteindre. 

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