- Le conflit a occasionné une hausse du prix du pétrole. Si initialement cette dernière est restée relativement contenue du fait de la situation d’excès d’offre qui régnait avant le déclenchement du conflit, les cours se sont envolés avec le blocage du détroit d’Ormuz et les interrogations sur la possibilité que l’Iran ait largué des mines. Dans ce contexte, face aux craintes inflationnistes, les taux longs se sont tendus, avec un écartement des spreads intra-européens, une configuration classique dans un contexte de montée de l’aversion pour le risque. Cette remontée des taux et les craintes de résurgence de l’inflation ont conduit à un repli des Bourses, plus marqué pour les indices européens. L’Europe est en effet importatrice nette de pétrole alors que les Etats-Unis sont devenus exportateurs nets depuis 2022 grâce au pétrole de schiste.
- Le 9 mars, D. Trump a déclaré que « la guerre sera bientôt terminée », ce qui a occasionné une volte-face sur le marché pétrolier et les marchés financiers. Toutefois, les prix du brut se sont retendus ensuite, face aux multiples incertitudes concernant le conflit et malgré la décision des pays membres de l'Agence internationale de l'énergie de remettre progressivement sur le marché 400 millions de barils de pétrole, la plus grosse intervention de l'histoire. Pour donner quelques ordres de grandeur, la consommation mondiale de pétrole est de l’ordre de 100 millions de barils par jour, dont environ 20 millions transiteraient par le détroit d’Ormuz. La décision de l’IAE compenserait ainsi pour 20 jours le blocage du détroit d’Ormuz.
- A court terme, l’inflation devrait augmenter en mars, sous l’effet de la hausse des prix des carburants. Ensuite, tout dépendra de la durée du conflit. S’il reste cantonné à quelques semaines, les effets de diffusion de la hausse des prix de l’énergie sur les prix des autres produits devraient rester limités, ce qui permettra aux banques centrales de ne pas modifier leur politique monétaire. S’il perdurait et que l’inflation se renforçait, par diffusion du choc initial aux prix industriels, des produits alimentaires et des services, ce qui s’était produit en 2022, les banques centrales seraient sans doute contraintes d’augmenter leur taux directeur. La croissance mondiale pourrait alors en pâtir.
- S’agissant de la France, le contexte actuel diffère de la crise énergétique de 2022 par deux aspects. Le premier est positif : le parc nucléaire tourne aujourd’hui à plein régime (la France a été exportatrice nette d’électricité en 2025) alors que le taux de disponibilité n’avait été que de 54 % en 2022 compte tenu de diverses opérations de maintenance. Cela participe d’ailleurs à contenir les prix de l’électricité sur le marché européen, qui n’ont pas suivi la hausse du prix du gaz ces derniers jours. En revanche, compte tenu de la situation des finances publiques, il paraît impossible aujourd’hui d’engager un soutien au pouvoir d’achat des ménages à travers des mesures publiques. La ristourne à la pompe en 2022 avait coûté 7,6 Md€, pour une réduction du prix des carburants de quelques centimes.