- Le mois de juillet a été marqué par la reprise des tensions entre les États-Unis et l'Iran, mettant un terme à la trêve fugace observée en juin. Cette dégradation du contexte géopolitique a immédiatement ravivé les inquiétudes sur l'approvisionnement mondial en pétrole et entraîné un rebond des cours du Brent, qui sont repassés au-dessus de 85 dollars le baril après avoir bénéficié de l'accalmie diplomatique de juin avec un point bas atteint début juillet autour de 70 $ le baril, un niveau non visible depuis le début du conflit en février 2026.
- Devant l’incertitude géopolitique, l'activité économique en Zone Euro demeure peu dynamique. L'inflation a ralenti, 2,8 % en juin, sous l'effet du reflux des prix de l'énergie et de la poursuite de la modération des prix des services. Cette évolution confortait jusqu'alors le scénario d'une normalisation progressive de la politique monétaire, un premier mouvement en ce sens avait été décidé le 11 juin dernier avec l’augmentation du taux de dépôt à 2,25% (+ 25 bps). Toutefois, la remontée début juillet du prix du pétrole pourrait alimenter une nouvelle poussée inflationniste dans les prochains mois contraignant la BCE a un arbitrage entre prudence et réactivité. Devant cette incertitude, l'activité économique demeure peu dynamique, la consommation des ménages reste freinée par un pouvoir d'achat encore contraint et l'investissement privé peine à retrouver de l'élan, malgré un marché du travail qui demeure résilient avec un taux de chômage proche de 6,2 %.
- Aux États-Unis, les indicateurs conjoncturels confirment la résilience de l'économie. Comme en Zone euro, en juin, l'inflation a nettement reculé à 3,8 % sur un an grâce à la baisse des prix de l'énergie observée durant la période de trêve. La consommation des ménages continue de soutenir l'activité mais dans une moindre mesure que les investissements des entreprises notamment dans les secteurs technologiques. Néanmoins, le rebond récent des cours du pétrole pourrait ralentir le processus de désinflation et conduire la Réserve fédérale à adopter une approche plus prudente dans la poursuite de son assouplissement monétaire. Le gouverneur de la Fed K.Warsh a rappelé, devant le congrès, la “tolérance zéro” de l’autorité monétaire fédérale contre l’inflation.
- En France, si l'activité économique est revue à la baisse pour 2026 à 0,7% selon la banque de France (-0,2 points) ce sont les finances publiques qui dominent les débats. Le taux souverain de référence (OAT 10 ans) s’en trouve pénalisé et augmente à 81 bp par rapport au taux Allemand. Dans le cadre du comité d’alerte sur les finances publiques le ministère des comptes publics annonce travailler sur 3 milliards d’économies supplémentaires (deux milliards de dépense de l’Etat et d’un milliard de réduction des dépenses de sécurité sociale), soit un total de 6 milliards d’économies. Les intérêts de la dette représentent environ 77 milliards en 2026, soit le budget de l’éducation nationale (retraites des fonctionnaires incluses).