Les enjeux économiques du développement de l’industrie numérique en France

  • Etudes économiques

Les vues sur les enjeux du numérique de trois économistes du Groupe Caisse des Dépôts (Philippe Aurain de La Banque Postale, Yann Tampereau de CDC et Baptiste Thornary de Bpifrance) telles qu’ils les ont exprimées lors d’une table-ronde sur le numérique organisée par la CDC.

  • Les effets des développements numériques sur l’économie sont encore un sujet d’étude dont les résultats sont contrastés. Le consensus actuel retient un effet positif sur la productivité et un effet négatif sur l’emploi mais avec une hétérogénéité très forte entre territoires, secteurs d’activité et profils des travailleurs concernés.
  • L’enjeu est donc de maîtriser le développement de l’IA en l’encourageant (financement, réglementation, etc.) tout en protégeant les effets disruptifs sur la cohésion sociale.
  • L’observation récente des marchés a pu interroger sur la valorisation des acteurs du secteur numérique mais les métriques restent très en deçà de celles constatées lors de la bulle internet du début des années 2000.  Par ailleurs, l’IA entraîne des effets disruptifs pour des secteurs où elle est perçue comme un concurrent, en particulier les logiciels professionnels.
  • Ces marchés nous informent surtout des effets du positionnement des entreprises sur leur valorisation. Les principales « leçons » tirées de ces observations sont en particulier : la revanche du « hard » sur le « soft », l’importance de la taille des entreprises, le risque de disruption permanente et l’apparition de nouveaux risques liés aux spécificités du secteur.
  • Qu’en conclure pour le développement du numérique en France ? Le modèle de marché pourrait être un mix du modèle chinois (piloté par l’État) et du modèle américain (risque porté par le privé). La taille européenne est un prérequis ce qui suggère un mix de politiques type « Airbus des semi-conducteurs » complétée par une approche de positionnement stratégique sur les chaînes de valeur.
  • En conclusion, la France dispose d’atouts à travers son modèle énergétique, la qualité de ses formations technologiques et un volume d’épargne considérable. La redirection de cette épargne vers une approche plus risquée pourrait être encouragée par l’intervention publique, financière, fiscale et réglementaire.