Production de crédit à l’habitat : les ménages les moins dotés en patrimoine ont été plus résilients sur les deux dernières années

  • Etudes économiques

À partir des nouvelles données de comptes distributionnels du patrimoine des ménages, publiées par la Banque de France, la Direction des études économiques de La Banque Postale propose à travers ce papier une étude de l’évolution du patrimoine immobilier et de la situation d’endettement des ménages. Cela permet de mettre en lumière la diversité de la trajectoire patrimoniale des différents déciles.

Graphique montrant la production de crédit à l'habitat en cumul sur 12 mois.
  • Depuis 2024, la Banque de France diffuse tous les trimestres de nouvelles données sur les comptes distributionnels du patrimoine des ménages. Celles-ci incluent notamment des informations sur la valorisation de leur patrimoine immobilier ainsi que leur situation d’endettement, dont nous proposons une analyse de son évolution depuis le début des années 2010.
  • Le patrimoine immobilier des ménages français a connu une forte croissance depuis la fin 2009, en grande partie imputée à l’augmentation considérable des prix des logements. La hausse conséquente de la valorisation des actifs immobiliers a principalement bénéficié au segment le plus riche de la population.
  • La comparaison de l’évolution des encours de patrimoine brut et net met en évidence des dynamiques d’endettement et de désendettement marquées chez les ménages les moins riches (déciles 1 à 5). La période 2010-2015 a été marquée par un désendettement des ménages les plus modestes, dans un contexte de restriction de l’accès au crédit et de contraction du marché immobilier. A l’inverse, la période de taux bas (2016-2022) a donné lieu à une hausse de l’endettement de ces ménages et une nette croissance de leur patrimoine immobilier brut.
  • La production de crédit à destination des ménages les moins dotés en patrimoine est demeurée relativement résiliente depuis 2022, malgré un contexte de repli du marché immobilier. A l’inverse, les ménages les plus aisés ont fortement diminué leur production de crédits sur la même période : l’acquisition de logements pour cette catégorie de ménages représente la plupart du temps un investissement – ces ménages sont déjà propriétaires – et la baisse des rendements induite par la hausse des taux a pesé sur l’intérêt de l’investissement immobilier.

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