- Face à l'incertitude quant à l'évolution du conflit, les services de renseignement multiplient les alertes et les pays européens dont la France annoncent leur « entrée en économie de guerre ».
- L’analyse des conflits passés montrent qu’une telle économie se caractérise par une réorientation drastique de la production vers les besoins militaires, une restriction importante de la consommation privée, une planification centrale des ressources, un effort fiscal et monétaire massif, et une mobilisation de la main-d'œuvre à grande échelle.
- La situation européenne actuelle, pays par pays, n'est en rien comparable à ces caractéristiques. Elle représente au mieux un rattrapage limité de moyens. Les dépenses militaires européennes, bien qu'en augmentation, restent en moyenne autour de 2 % du PIB, contre 6 à 7 % pour la Russie.
- Par exemple, en termes réels, la hausse des dépenses militaires en France s’élève à 24 % entre 2017 et 2025 et le taux de dépenses représentent 2,1 % du PIB. Il était de 3 % du PIB dans les années 80 et de 6 à 7 % pendant la guerre d’Algérie.
- Dans ce contexte, l'Europe se trouve face à un dilemme stratégique fondamental : maintenir l'approche actuelle d'augmentation progressive des dépenses de défense en pariant sur la dissuasion et sur le maintien de l'engagement américain dans l'OTAN, ou engager dès maintenant une transformation économique plus profonde en assumant les coûts politiques, économiques et sociaux d'une véritable économie de guerre. Ce choix déterminera la capacité du continent à garantir sa sécurité dans les années à venir.