- Les investisseurs ont d’ailleurs paru en partie soulagés, comme le suggère le recul du spread entre le rendement de l’OAT et celui du Bund autour de 60 points de base (pb), soit environ 10 points au-dessus de son niveau avant la dissolution, alors qu’il avait culminé à 86 pb après la démission de S. Lecornu. Il reste que la pente pour le rétablissement des finances publiques est raide. Au rythme de réduction du déficit des deux dernières années, le seuil de 3 % ne serait atteint qu’en 2030. En outre, le taux apparent de la dette va continuer à augmenter au fur et à mesure que les échéances passées de la dette française émises sur des taux très bas arrivent à maturité. Autour de 3,5 % depuis le début de l’année, le niveau de l’OAT est supérieur à ce que l’on peut considérer être le rythme de la croissance potentielle nominale de l’économie française (environ 3 %). Cela nécessitera un effort important de correction du solde primaire (c’est-à-dire hors charges d’intérêt). Enfin, les échéances politiques des dix-huit prochains mois peuvent toujours, à un moment ou un autre, semer le trouble sur la gouvernance de l’Etat français.
- La croissance française a malgré tout résisté au climat d’incertitude, avec une progression du PIB qui ressort finalement à 0,9 % en moyenne annuelle en 2025. Le marché du travail donne des signes de fragilité mais la hausse récente du chômage pourrait être due en partie à des comportements spécifiques des jeunes et au contrecoup de l’envolée antérieure de l’apprentissage qui a découlé de la longueur inhabituelle du processus budgétaire. L’inflation française a par ailleurs été particulièrement basse en janvier, en partie en raison d’effets de base et en raison de la date des soldes d’hiver. Elle devrait significativement remonter dans les mois qui viennent, surtout si le prix du pétrole restait un peu plus ferme en raison des tensions entre l’Iran et les Etats-Unis.
- La zone euro aura aussi connu une croissance honorable en 2025, s’expliquant cependant pour un tiers environ par une performance exceptionnelle de l’Irlande. Par ailleurs, le dynamisme de l’Espagne a contrasté avec la morosité allemande. Mais le plan de relance adopté outre-Rhin devrait lui permettre de renouer avec la croissance cette année, prolongeant l’amélioration observée fin 2025. L’inflation est passée sous la barre des 2 % en janvier. La fermeté de l’euro reste surveillée de près par la BCE.
- Outre-Atlantique, la lecture de la conjoncture est rendue délicate par les différents à-coups liés au contexte constitutionnel (shutdown en fin d’année) et aux perturbations climatiques. Ce qui paraît acquis est que l’inflation reste sous contrôle malgré la hausse des droits de douane et que la croissance résiste. La Fed a fait preuve de prudence début 2026. Son nouveau président, nommé par D. Trump, pourrait être tenté de prendre l’assouplissement monétaire au printemps.
- En Chine, la croissance est restée pénalisée fin 2025 par la faiblesse de la demande intérieure. Le point bas sur l’inflation semble cependant avoir été touché. Enfin, au Japon, la Première ministre a obtenu une large majorité lors des élections législatives anticipées. La banque centrale pourrait remonter son taux directeur pour soutenir le yen.