L’économie pourra-t-elle encore résister longtemps à l’instabilité du monde ?

  • Etudes économiques

Les derniers indicateurs montrent une résistance prolongée de l’économie mondiale à ce que l’on peut appeler l’instabilité du monde, dont l’enlèvement de Nicolás Maduro est une illustration supplémentaire. Même si la publication des données économiques a été perturbée par le shutdown, la croissance américaine paraît plutôt avoir bien absorbé la hausse des droits de douane. Certes le marché du travail est nettement moins bien orienté mais la croissance résiste. L’inflation ne paraît pas déraper, ce qui a permis à la Fed d’abaisser son taux directeur fin 2025

 
  • La zone euro reste marquée par une certaine hétérogénéité des performances économiques, avec une Espagne toujours très dynamique alors que l’Allemagne demeure à la peine, notamment son industrie. Sur le plan conjoncturel, l’économie française paraît résister avec une amélioration du climat des affaires qui est plutôt de bon augure pour le début de l’année. De son côté le Royaume-Uni semble entrevoir une réduction de l’inflation qui s’est révélée beaucoup plus persistante qu’en zone euro.
  • En Chine, l’activité est encore un peu à la peine, ce qui pourrait encourager les autorités à renforcer leur politique de soutien. De son côté, la difficile maîtrise de l’inflation au Japon plaide pour une politique monétaire ferme, qui tire le taux long japonais à la hausse.
  • Jusqu’ici l’économie mondiale a bénéficié de plusieurs facteurs de soutien : faiblesse des prix de l’énergie, détente des politiques monétaires (sauf au Japon), dynamisme des Bourses (qui a généré des effets de richesse dans les pays anglo-saxons, notamment aux Etats-Unis). La multiplicité des annonces par D. Trump (souvent suivies d’actions) met le monde en ébullition alors que les foyers d’ébullition sont nombreux (le processus de paix en Ukraine paraît bien incertain, de nouvelles tensions entre les citoyens et les personnalités au pouvoir apparaissent en Iran). Pour que la croissance mondiale soit à peu près épargnée par toutes ces turbulences il faudra que de nouveaux relais de croissance apparaissent, sans que de nouveaux freins émergent. Une faiblesse persistante du prix du pétrole (par exemple en raison d’une offre plus abondante du Venezuela) serait évidemment favorable alors qu’à l’inverse une tension sur les prix (intensification de l’instabilité en Iran) serait dommageable. La valorisation élevée des entreprises technologiques sera aussi à surveiller. Les politiques budgétaires (un peu aux Etats-Unis mais surtout en Allemagne, peut-être en Chine) seront plutôt en soutien dans de nombreux pays (sauf en France). L’ampleur des émissions de dette contribue cependant à tendre un peu les taux longs.

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