La France sous surveillance

  • Etudes économiques

Durant l’été, les Etats-Unis ont finalisé plusieurs accords avec leurs partenaires commerciaux pour augmenter les droits de douane sur les produits importés aux Etats-Unis. Début septembre, le taux moyen théorique serait d’environ 17,5 % (selon les calculs de l’université de Yale), si les choses devaient en rester là, contre 2,5 % avant l’arrivée de D. Trump. Le choc sur les prix à la consommation est important même si des effets de substitution et d’amortissement par les marges devraient l’atténuer. Cela a rendu la Fed prudente, la conduisant à opter pour un statu quo de son taux directeur depuis fin 2024.

Avec le net ralentissement des créations nettes d’emploi ces derniers mois, elle devrait assouplir sa politique lors du prochain Comité de politique monétaire. Ensuite, tout dépendra de l’évolution de l’inflation qui pour l’instant a peu réagi à la hausse des droits de douane.
 
  • En zone euro, la BCE a amené ses taux directeurs au niveau de ce qui est généralement considéré comme le taux neutre (c’est-à-dire qui ne stimule pas mais qui ne freine pas non plus l’économie). L’inflation est revenue à la cible de long terme et l’activité, jusque-là très molle, a montré récemment des signes de raffermissement. La BCE ne devrait donc pas modifier ses taux directeurs à court terme. L’euro s’était nettement apprécié ces derniers mois dans un mouvement de défiance vis-à-vis des Etats-Unis mais ce mouvement s’est interrompu récemment. Cela devrait donc aussi encourager la BCE à opter pour le statu quo.
  • En France, la situation économique n’est pas franchement mauvaise, avec une croissance proche de son potentielle, un taux de chômage assez bas, une inflation faible et une balance courante presque équilibrée. Mais la situation politique est source d’attentisme (taux d’épargne élevé, tassement de l’investissement et des créations d’emploi). L’écart de taux avec l’Allemagne s’est ainsi élargi après l’annonce du vote de confiance. En dépit d’une situation politique complexe, il faudra que la France se dote d’un budget crédible si elle veut échapper aux fourches caudines des agences de notation et des investisseurs. Autour de 3,5 %, le rendement de l’OAT 10 ans est désormais supérieur à la croissance potentielle nominale (de l’ordre de 3 % à moyen terme), ce qui ne facilite pas l’équation budgétaire. Si cet écart persistait plusieurs années, il faudrait dégager un excédent budgétaire hors charges d’intérêts pour stabiliser la dette, ce qui n’est jamais arrivé depuis 25 ans.
  • La croissance est plutôt restée robuste depuis le début de l’année en Chine. D’abord soutenue par des exportations anticipées vers les Etats-Unis, elle a aussi bénéficié des soutiens publics. Au-delà de ces aspects de court terme, à l’occasion du 80ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, la Chine a manifesté début septembre toute sa puissance lors d’un défilé militaire qui a impressionné les observateurs. La Chine a désormais les moyens économiques et financiers de ses ambitions internationales. 

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