- Les discussions avancent avec l’Union européenne mais de nouvelles lettres menaçant de l’instauration de droits de douane réciproques ont été envoyées à plusieurs pays, notamment au Japon et à la Corée du Sud, avec une nouvelle échéance pour les négociations fixée au 1er août. Quoi qu’il en soit, les droits de douane appliqués aux importations américaines seront nettement relevés par rapport à ce qu’ils étaient avant. Les revenus douaniers ont déjà considérablement augmenté. Cette hausse des taxes représenterait déjà un point de PIB.
- Pour l’instant, les données macroéconomiques américaines, notamment l’inflation, n’en portent pas encore trace. Les entreprises approvisionnant le marché américain avaient anticipé ce choc en début d’année en accroissant considérablement leurs livraisons. La demande a donc été satisfaite ces derniers mois en puisant dans ces stocks. Mais progressivement vont arriver sur le marché des biens qui auront été taxés davantage. L’économie américaine devrait renouer avec la croissance au 2ème trimestre alors que la forte hausse des importations avait conduit à une contraction du PIB au 1er trimestre. Le marché du travail reste dynamique même si certains signes sont moins favorables (moindres créations d’emplois privés, recul du taux de participation). La Fed devrait donc encore se montrer prudente même si D. Trump exerce une pression considérable sur J. Powell pour qu’il réduise drastiquement son taux directeur.
- En zone euro, la croissance paraît toujours molle. En début d’année, le rebond des exportations vers les Etats-Unis avait réveillé la production industrielle. Mais ce sursaut n’a été que temporaire. Le point positif est que l’Allemagne confirme sa volonté de relance budgétaire, en particulier sous la forme d’une hausse des dépenses d’armement, et ce dès le second semestre 2025. Le pendant de la faiblesse de l’activité est une inflation qui s’établit exactement sur la cible de la BCE. Cette dernière surveille néanmoins l’appréciation de l’euro qui pourrait être déflationniste si elle prenait de l’ampleur.
- De leur côté, les marchés financiers se cherchent mais ne semblent pas trop paniqués par la question des droits de douane. Les taux longs sont sur un plateau en Europe et plutôt baissiers aux Etats-Unis. Le prix du pétrole s’est assagi après le cessez-le-feu entre Israël et l’Iran.