Une économie mondiale à plusieurs vitesses - L'Eco 360 de février 2021

Votre synthèse mensuelle de l'actualité économique et financière internationale et française proposée par le service études économiques de La Banque Postale.

  • #Etudes économiques
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Malgré une détérioration de la situation sanitaire dans de nombreux pays, l’année 2020 s’est terminée moins mal que redouté sur le plan économique si l’on en croit les chiffres de PIB publiés récemment pour le 4e trimestre. La mise en place de nouvelles contraintes sanitaires paraît toutefois avoir pesé sur l’activité au début de cette année. La stabilisation du prix du pétrole ces dernières semaines illustre ainsi un certain attentisme sur les perspectives de la demande de brut. 

Le PIB de la zone euro s’est ainsi de nouveau contracté au 4 ème trimestre après le très fort rebond observé le trimestre précédent

L’activité industrielle résiste plutôt bien même si les données les plus récentes font état d’un certain effritement. D’ailleurs après leur envolée observée à partir du printemps 2030, les cours des matières premières industrielles se calment. Les chaînes d’approvisionnement se trouveraient de nouveau perturbées, sans doute pénalisées par les restrictions de déplacement et la poussée de l’épidémie dans certains pays. Ce sont surtout les services aux ménages qui souffrent le plus des mesures restrictives mises en œuvre dans de nombreux pays.

C’est particulièrement le cas en Europe. L’apparition de variants oblige les gouvernement à restreindre les interactions sociales. Le PIB de la zone euro s’est ainsi de nouveau contracté au 4e trimestre après le très fort rebond observé le trimestre précédent et les indices de climat des affaires dans les services sont encore affaiblis en janvier.

Outre-Atlantique la croissance a ralenti en fin d’année mais globalement l’économie américaine est moins pénalisée que celle de la zone euro par les contraintes sanitaires. Le soutien budgétaire est aussi impressionnant. Le déficit de l’Etat a été de 17 % du PIB en 2020, conduisant à une explosion de la dette publique. A tel point que le revenu des ménages a fortement augmenté, bien que l’économie américaine ait perdu environ 10 millions d’emplois. De son côté, la Chine a réussi à connaître une progression de son PIB en 2020 malgré la crise sanitaire, grâce notamment au dynamisme de ses exportations. L’activité serait toutefois un peu moins dynamique récemment. Le contraste est grand avec le Japon qui peine à sortir de la crise. La situation des pays émergents est toujours hétérogène. Au Brésil, la situation sanitaire se dégrade de nouveau.

De son côté, la Russie a limité le recul de son PIB l’an dernier grâce à un soutien actif de la politique budgétaire mais la faiblesse du prix du pétrole reste pénalisante. Enfin, l’économie indienne continue à se redresser après avoir essuyé une très sévère récession au printemps 2020.

Dans un contexte incertain, les banques centrales se montrent finalement prudentes, conservant toute liberté pour adopter leur politique. A un horizon de six mois la question de la vaccination est cruciale : si une certaine immunité collective est obtenue à la fin de l’été, la conjonction d’un regain de confiance des agents économiques et du soutien des politiques économiques pourrait occasionner une croissance soutenue. C’est toujours le pari que font les investisseurs financiers.

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