La trajectoire des économies toujours très dépendante de la situation sanitaire - L'Eco360 de novembre 2020

Votre synthèse mensuelle de l'actualité économique et financière internationale et française proposée par le service études économiques de La Banque Postale.

  • #Etudes économiques
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La dégradation rapide de la situation sanitaire a conduit de nombreux pays européens à durcir les contraintes de déplacement jusqu’à aller à un reconfinement. A l’inverse, le contrôle de l’épidémie dans une partie de l’Asie, notamment en Chine, a permis la poursuite du redémarrage de ces économies. Ces deux extrêmes illustrent combien la situation économique est dépendante de l’évolution de l’épidémie.

Outre-Atlantique, après le fort rebond du PIB au 3e trimestre, la reprise devrait se tempérer en fin d’année.

Les anticipations sur la croissance ont dans ce contexte été revues à la baisse pour la fin de l’année en Europe, l’hypothèse d’une progression modérée de l’activité laissant place à l’attente d’une contraction du PIB. Outre-Atlantique, après le fort rebond du PIB au 3e trimestre, la reprise devrait se tempérer en fin d’année, un mouvement qui sera d’autant plus marqué que les contraintes sanitaires seront renforcées. Les transferts publics vers les ménages, qui ont initialement plus que compenser les pertes de revenus des salariés, vont progressivement s’amenuiser. Or les pertes d’emplois sont encore considérables à ce jour. Au Japon, la reprise reste timide. Dans les pays émergents, le rebond se poursuit selon des trajectoires diverses, porté par la dynamique internationale. Il est notamment marqué en Inde. La Russie fait exception. Elle est affectée par la faiblesse persistante du prix du pétrole qui illustre le questionnement des investisseurs sur la croissance mondiale. 

Dans ce contexte, la politique économique va encore être mise à contribution et les déficits se creuser. Le gouvernement français a ainsi déjà remis 20 Md€ sur la table en plus du plan de relance de 100 Md€ inclus dans la loi de finance. Il sera sans doute imité par d’autres gouvernements européens. Outre-Atlantique, un nouveau plan de soutien devrait être adopté dans les semaines qui viennent mais son ampleur sera limitée par l’équilibre politique.

Dans ce contexte, les banques centrales vont devoir rester à la manœuvre. La Banque d’Angleterre vient ainsi d’accroître la cible de ses achats d’actifs. La BCE n’a pas annoncé de nouvelles mesures fin octobre mais elle devrait a minima élargir ses achats d’actifs en décembre. La Fed va rester très attentive aux développements économiques.

A plus long terme, la rechute de l’activité, surtout en Europe, pourrait avoir davantage d’impact que la première vague (faiblesse de l’investissement, fragilité des entreprises). Avec toujours la même interrogation : l’action des banques centrales sera-t-elle indéfiniment suffisante pour contenir les effets du creusement des déséquilibres (endettement croissant des agents économiques privés et publics) dus à la crise sanitaire ?

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