- Les inégalités se perpétuent via trois capitaux (économique, culturel, social) qui se renforcent mutuellement. Par exemple, les ressources économiques facilitent l’accès à l’éducation, tandis que les diplômes et réseaux favorisent l’accès aux meilleures positions. 60 % du patrimoine est acquis par héritage, verrouillant les trajectoires.
- Revenus primaires : Les 10 % les plus riches captent 30 % des revenus primaires (avant redistribution), avec une forte concentration des revenus du capital (patrimoine, dividendes). Éducation : Dès 3 ans, l’origine sociale détermine une grande partie des écarts de réussite scolaire. Les enfants d’ouvriers ont 15 % de chances d’intégrer une grande école, contre 60 % pour les enfants de cadres. Les frais de scolarité (jusqu’à 15 000 €/an) et le manque de réseaux excluraient les milieux modestes.
- Perte de PIB : Réduire les inégalités pourrait générer jusqu’à +14,1 % du PIB (310 milliards d’euros) via une meilleure allocation des talents et une hausse de l’activité. Fragmentation sociale : 84 % des Français estiment que les repères collectifs sont moins solides qu’il y a 20 ans, et seulement 11 % pensent que tout le monde a les mêmes chances. Les inégalités territoriales (accès à l’emploi, éducation) aggravent les clivages, avec des écarts de réussite scolaire de 11 points entre académies.
- Les inégalités en France sont multiplicatives (cumul des désavantages économiques, éducatifs, territoriaux). Sans politiques ambitieuses (mixité sociale, investissements ciblés dans l’éducation, désenclavement des territoires), le fossé entre inclus et exclus risque de s’aggraver, avec des coûts économiques, sociaux et politiques déjà élevés. La question n’est plus de savoir si la France peut se permettre de réduire les inégalités, mais si elle peut se permettre de ne pas le faire.