PRÉVISIONS ÉCONOMIQUES ET FINANCIÈRES

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Grandes tendances

  • Une croissance mondiale moins vigoureuse devrait contenir la hausse de la demande de pétrole en 2019 et 2020. Du côté de l’offre, l’accroissement de la production américaine resterait soutenu, confirmant la place des Etats-Unis comme 1er producteur mondial. Toutefois, la baisse des productions iranienne et vénézuélienne (sanctions américaines, situation chaotique au Venezuela etc.) ainsi que le nouvel accord de réduction des quotas entre l’Opep et dix pays, dont la Russie, devraient continuer de peser sur l’offre et sur les stocks, poussant ainsi le prix de l’or noir à la hausse. A court terme, le cours du pétrole restera volatil à cause des tensions géopolitiques actuelles au Moyen-Orient et des questionnements sur la demande. Le prix du baril de Brent atteindrait 72,5$ en fin d’année 2019 et 75$ fin 2020.
  • Aux Etats-Unis, la croissance du PIB est restée solide fin 2018. Le profil infra-annuel de la croissance montre toutefois que l’économie américaine est entrée dans une phase de ralentissement. Le tassement de la croissance est resté mesuré jusqu’à présent en raison du dynamisme persistant de la demande intérieure. D’ici la mi-2020, nous anticipons un retour sans heurt de l’activité vers son potentiel, en lien avec la dissipation des effets des soutiens fiscaux et budgétaires. Au-delà, un coup de frein plus marqué pourrait intervenir sous l’effet des contraintes d’offre. La croissance du PIB atteindrait en moyenne 2,3 % en 2019 puis 2,0 % en 2020.
  •  Début 2019, les enquêtes de conjoncture sont restées globalement mal orientées dans la zone euro. Cependant, le pouvoir d’achat des ménages, qui avait souffert de la forte hausse du prix du pétrole sur les premiers mois de 2018, a bénéficié au contraire du repli du prix du brut intervenu à l’automne dernier. En outre, différentes mesures devraient contribuer à soutenir le pouvoir d’achat des ménages dans plusieurs pays. Ainsi, la consommation redémarrerait dans le courant de l’année. Par ailleurs, les exportations seraient moins pénalisées par l’évolution de l’euro. Au total, après le trou d’air de fin 2018-début 2019, la croissance de la zone euro se raffermirait graduellement courant 2019 pour revenir vers un rythme voisin de 1,5 % l’an. En 2020, la croissance de la zone euro serait progressivement altérée par la perte de dynamisme de l’économie américaine. Au total, pénalisé par un faible acquis de croissance fin 2018, le PIB progresserait en 2019 de 1,2 % en moyenne annuelle. La croissance atteindrait 1,4 % en 2020 en moyenne annuelle, ce qui recouvrirait une décélération graduelle en cours d’année. L’inflation atteindrait 1,4 % en 2019 en moyenne annuelle (après 1,8 % en 2018), principalement sous l’effet d’un prix du pétrole plus sage. Elle se rapprocherait de la cible de la BCE en 2020. Ce scénario reste conditionné au fait que le Royaume-Uni saura éviter un Brexit « dur ». Sous l’effet notamment de la mise en œuvre des mesures annoncées fin 2018 en faveur des ménages, la croissance de l’économie française accélérerait progressivement en 2019. La progression du PIB serait un peu supérieure dans l’Hexagone à celle observée dans la zone euro cette année  (1,4 %), avant de rejoindre la moyenne européenne l’an prochain.
  • Au Japon, après une reprise en 2016-2017, l’activité économique a perdu beaucoup d’élan en 2018. Elle a commencé l’année 2019 sur une note faible dans l’industrie et le secteur exportateur. Ce printemps, l’activité industrielle, les ventes à l’étranger et l’investissement connaîtraient un ressaut correctif, suscitant un regain de croissance. Ces à-coups sur le PIB seraient amplifiés au 2nd semestre par la hausse de la taxe sur la consommation prévue en octobre prochain : vague d’achats anticipés durant l’été suivie d’une contraction à l’automne. Ces fluctuations mises à part, l’environnement mondial deviendrait plus favorable à l’industrie japonaise à partir du trimestre en cours. La croissance reprendrait en effet un peu d’élan en Europe et en Chine. Par ailleurs, l’impact négatif de la taxe sur l’activité économique sera amorti par des mesures d’accompagnement budgétaires. En définitive, la croissance du PIB déclinerait à 0,5 % en 2019 après 0,8% en 2018. En 2020, elle pourrait être du même ordre (+0,4 %). Malgré le soutien budgétaire, la taxe pèserait encore sur l’activité au 1er trimestre. Sur l’ensemble des deux années, elle amputerait la croissance d’environ 0,5 point. Par ailleurs, le raffermissement de la tendance de fond des prix à la consommation resterait limité (hors effet de la taxe) et la Banque du Japon ne pourra pas réduire son (hyper)activisme monétaire.
  •  En Chine, le conflit commercial avec les Etats-Unis, qui ont augmenté en 2018 les droits de douane sur les importations de produits chinois, devrait encore peser sur la croissance en 2019. Toutefois, dans notre scénario, les négociations sino-américaines, entamées fin 2018, apaiseraient les tensions, apportant ainsi une meilleure visibilité aux entreprises et aux ménages. De plus, l’économie chinoise profiterait aussi des soutiens budgétaires et monétaires décidés par les autorités en 2018 pour contenir le risque d’un ralentissement marqué de l’activité. Ce stimulus, de l’ordre de 3 % du PIB, fera sentir ses pleins effets en 2019. Au total, nous prévoyons en 2019 et 2020 un ralentissement modéré de la croissance, à respectivement 6,3 % et 6 %, après 6,6 % en 2018. A noter que Pékin atteindrait son objectif, fixé en 2010, d’un doublement du PIB en 2020. L’investissement public et l’investissement immobilier devraient réaccélérer en 2019 sous l’impulsion de l’Etat. Plus généralement, l’investissement serait stimulé par le desserrement de la politique monétaire, une moindre fiscalité et l’augmentation des dépenses publiques et d’infrastructures. En outre, l’expansion des services et, d’autre part, la montée en gamme et la diversification des activités dans l’industrie amortiront sans doute aussi le ralentissement de la croissance.
  •  Point positif, la suspension de la normalisation de la politique monétaire américaine devrait profiter aux pays émergents car elle fait disparaître les pressions baissières sur leurs devises et, simultanément, les tensions sur leurs taux d’intérêt. L’impact économique des politiques d’austérité mises en place dans plusieurs pays après la crise monétaire et de changes de l’été 2018 est ainsi allégé. Dans le détail, l’Inde devrait connaître encore une croissance soutenue en 2019 grâce à des dépenses publiques en hausse, tandis que la Russie et le Brésil tenteront dans le même temps d’initier des réformes structurelles qui devraient peser sur leur croissance.
  •  Au total, la croissance mondiale est restée relativement forte en 2018 (+3,7 %), soutenue notamment par le dynamisme de l’économie américaine. Elle décélèrerait en 2019 et 2020 pour revenir à 3,3 %, un rythme inférieur à la tendance de long terme  (3,5 %).

Indicateurs économiques en France

  • Taux de chômage : 8,7 % en 2018, 8,5 % en 2019, 8,5 % en 2020
  • Taux d'épargne des ménages : 14,4 % en 2018, 14,9 % en 2019, 14,3 % en 2020 (% du revenu après impôts)
  • Déficit public : -2,5 % en 2018, -3,2 % en 2019, -2,8 % en 2020 (% du PIB)
  • Inflation : 1,9 % en 2018, 1,3 % en 2019, 1,5 % en 2020