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CONJONCTURE MENSUELLE

Les experts de La Banque Postale vous proposent un décryptage de la conjoncture en France et une synthèse de l'actualité économique et financière internationale et française.

L'ÉcoPanorama de La Banque Postale - Février 2020

L’épidémie de coronavirus : une nouvelle source d’inquiétude pour la croissance mondiale

L’accord commercial dit de phase I, signé mi-janvier, et la sortie ordonnée du Royaume-Uni de l’Union européenne le 31 janvier étaient en passe de créer un contexte plus favorable à la croissance économique après les nombreux rebondissements dans ces deux dossiers qui ont émaillé l’année 2019. Les derniers indicateurs économiques ont montré une certaine résilience de l’économie américaine, avec le maintien sur un sentier de croissance de l’ordre de 2 % l’an, en dépit d’un effritement de l’investissement productif. Dans la zone euro, le tassement de la croissance fin 2019 a déçu mais les enquêtes de conjoncture de janvier ont plutôt rassuré. Comme dans d’autres pays, le secteur manufacturier paraissait retrouver quelques couleurs après une très mauvaise année 2019.

Le développement de l’épidémie de coronavirus s’est traduit par un retour de l’aversion pour le risque.

Ce tableau plutôt empreint d’un certain optimisme concernant le développement économique à court terme va-t-il être mis à mal par la propagation rapide du coronavirus, essentiellement en Chine jusqu’ici ? A ce stade, il est difficile d’apporter une réponse quantitativement étayée. Ce que l’on peut observer à travers les informations venant de Chine c’est que certains pans de l’activité économique sont à l’arrêt depuis quelques jours.

Les autorités ont décidé de mettre en quarantaine des zones habitées par plusieurs dizaines de millions de personnes, dont les déplacements sont limités au strict minimum. Les magasins sont désertés et le travail dans les usines perturbées. Par ailleurs, beaucoup de compagnies aériennes ont interrompu leurs liaisons avec la Chine. L’activité économique risque d’être très perturbée à court terme, ce qui devrait avoir un impact non négligeable sur la croissance chinoise au 1er trimestre.

Si l’épidémie se poursuit plus longtemps, deux effets sont à attendre. Premièrement, une moindre demande de la Chine, donc d’exportations de ses partenaires. Certains pays, à l’image des voisins asiatiques de la Chine et en Europe de l’Allemagne, pourraient être assez exposés. Certains secteurs sont aussi très dépendants de la Chine, comme le luxe : les achats des Chinois (réalisés lors de voyages à l’étranger ou dans leur propre pays) représentent environ un tiers du marché du luxe. Le transport aérien va aussi pâtir de cette épidémie. Par ailleurs la désorganisation des chaînes de valeur pourrait être une seconde voie de perturbation de l’économie mondiale si l’épidémie se prolongeait, avec des conséquences en cascade sur les approvisionnements.

Sur les marchés financiers, le développement de l’épidémie de coronavirus s’est traduit par un retour de l’aversion pour le risque, d’où une baisse des marchés actions et des rendements des emprunts d’Etat. Le prix du pétrole et d’autres matières premières a aussi fléchi, les investisseurs s’inquiétant des répercussions sur la demande.

Dans ce contexte, doit-on s’attendre à des réponses du côté de la politique économique ? Les autorités chinoises ont d’ores et déjà injecté de nouvelles liquidités dans le système économique. Du côté de la Fed et de la BCE, le mois de janvier a été marqué par le statu quo. Mais les deux banques centrales vont suivre de près l’évolution des marchés financiers au cours des prochaines semaines. Lors de l’épidémie de SRAS en 2003, les marchés financiers s’étaient retournés à la hausse lorsque le pic de l’épidémie avait été dépassé.