CONJONCTURE MENSUELLE

Les experts de La Banque Postale vous proposent un décryptage de la conjoncture en France et une synthèse de l'actualité économique et financière internationale et française.

EcoPanorama - Mai 2019

Une croissance qui surprend à la hausse au 1er trimestre en Europe et aux Etats-Unis mais des signes de fragilité persistent

Les évolutions du PIB au premier trimestre ont surpris à la hausse aux Etats-Unis et en zone euro. On pourrait s’en trouver soulagé. Mais plusieurs éléments conduisent à la prudence.

Outre-Atlantique, l’accélération de la productivité et le dynamisme du marché du travail constituent des signaux encourageants pour la pérennité du cycle économique. Mais la croissance du 1er trimestre tient en partie à des facteurs transitoires qui vont probablement faire l’objet d’une compensation par la suite. Dans la zone euro, les enquêtes de conjoncture d’avril ne rassurent pas totalement. Le rebond de la croissance observé au 1er trimestre apparaît donc fragile. En outre, le prix du pétrole a été tiré à la hausse ces dernières semaines par la fin des exemptions accordées par les Etats-Unis à certains pays pour l’achat de pétrole iranien. Si le cours du brut se maintenait sur une trajectoire haussière, la consommation des ménages européens s’en trouverait freinée. Or, elle a été l’un des principaux moteurs de la croissance début 2019. Après un premier trimestre finalement plutôt favorable, le 2ème trimestre pourrait donc décevoir.

Par ailleurs, en Asie, les enquêtes de conjoncture d’avril sont aussi mitigées en Chine alors qu’une amélioration était perceptible en mars. Cela ne remet pas en cause le diagnostic d’une résilience de la croissance chinoise grâce aux mesures de soutien adoptées par les autorités mais le tempo est à surveiller. Quant au Japon, le PIB s’est probablement contracté au 1er trimestre, du fait d’exportations affaiblies. Par ailleurs, l’inflation est toujours basse, ce qui oblige la Banque du Japon à maintenir une politique très accommodante.

De manière générale, le contexte économique conduit les banques centrales à se montrer très prudentes. Faute de signal fort du côté de l’inflation, cette situation pourrait perdurer. Cela pèse sur les rendements des emprunts d’Etat, notamment dans la zone euro. Les investisseurs ont conservé jusqu’ici un appétit pour les actifs risqués, voyant notamment s’éloigner des facteurs d’incertitude avec la proximité d’un accord entre les Etats-Unis et la Chine au sujet de leur différend commercial ou le report du Brexit. Mais l’annonce de Donald Trump d’une nouvelle hausse des droits de douane en mai et le flou entourant la sortie effective du Royaume-Uni montrent que tout n’est pas réglé.

 

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